{"id":850,"date":"2020-04-16T11:03:52","date_gmt":"2020-04-16T09:03:52","guid":{"rendered":"https:\/\/ardiphotographies.fr\/?p=850"},"modified":"2020-11-09T11:08:26","modified_gmt":"2020-11-09T10:08:26","slug":"du-travail-a-loeuvre-francois-kollar-en-noir-et-blanc-et-en-couleur-1930-1967","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ardiphotographies.fr\/?p=850","title":{"rendered":"Du travail \u00e0 l\u2019\u0153uvre,  Fran\u00e7ois Kollar en noir et blanc et en couleur, 1930-1967"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"974\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/ardiphotographies.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/71l000326-974x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-853\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;L\u2019important n\u2019est pas de capturer seulement des situations mais aussi la COULEUR de ces situations&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Allan Porter, revue Camera, juillet 1977<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">En 1904, \u00e0 l\u2019aube du XX<sup>e<\/sup>si\u00e8cle, Fran\u00e7ois Kollar na\u00eet au c\u0153ur de l\u2019Empire austro-hongrois, dans la petite ville de Senec pr\u00e8s de Presbourg, devenue aujourd\u2019hui Bratislava. Au cours de sa jeunesse aux confins de Vienne et des Petites Carpates, son regard est confront\u00e9 quotidiennement \u00e0 un environnement artistique caract\u00e9ristique de l\u2019Europe centrale. Dans ses villes riches d\u2019une architecture baroque habilement surcharg\u00e9e, au sein de r\u00e9gions dont l\u2019art est habilement contest\u00e9 par des mouvements modernistes comme l\u2019influent Bauhaus, ce jeune homme de culture hongroise forme son \u0153il. D\u00e8s ses quinze ans, il se passionne pour la photographie. La fr\u00e9quentation de l\u2019\u00c9cole sup\u00e9rieure technique de Bratislava le met en contact avec l\u2019esth\u00e9tique des formes fonctionnelles qu\u2019offrent les technologies modernes. C\u2019est alors que la premi\u00e8re guerre mondiale va provoquer le d\u00e9mant\u00e8lement de l\u2019Empire austro-hongrois et bouleverser les perspectives de vie des jeunes gens de cette culture cosmopolite. Paris, alors consid\u00e9r\u00e9e avec Berlin comme la capitale de la photographie, va accueillir des artistes issus du ferment de ces territoires aux cultures crois\u00e9es. Fran\u00e7ois Kollar s\u2019installe en France en 1924, travaille en usine puis chez des imprimeurs o\u00f9 il peaufine sa formation. Il se fait embaucher dans un grand atelier de photographie trouvant ainsi dans son exil les moyens de son expression. Il parvient \u00e0 monter son propre studio en 1930, rencontre Fernande et fonde une famille. Son \u00e9pouse g\u00e8re avec lui l\u2019atelier, allant m\u00eame parfois jusqu\u2019\u00e0 poser comme mod\u00e8le.<\/p>\n\n\n\n<p>Le modernisme photographique s\u2019\u00e9panouit au mieux. D\u00e8s la fin du XIX<sup>e&nbsp;<\/sup>si\u00e8cle, les constructions m\u00e9talliques engendrent un nouveau vocabulaire de formes o\u00f9 l\u2019abstraction influence fortement les \u0153uvres des photographes. Les compositions de Kollar sont sans h\u00e9sitation, sa main ne tremble pas. Ses images s\u2019organisent avec une g\u00e9om\u00e9trie appuy\u00e9e et des contrastes pour faire jaillir une \u00e9nergie qui est visible et sans d\u00e9tour, comme dans ces assemblages m\u00e9talliques \u00e9voquant le constructivisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, l\u2019humanisme trouve un s\u00e9rieux ferment dans cette exub\u00e9rance machiniste. Dans&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;La nouvelle histoire de la photographie&nbsp;\u00bb<\/em>Ian Jeffrey \u00e9voque Kollar dans un chapitre nomm\u00e9&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;La vie comme elle va de peine et d\u2019espoir&nbsp;\u00bb<\/em>qui r\u00e9sume les pr\u00e9occupations de nombreux photographes des ann\u00e9es 30. C\u2019est un optimiste qui int\u00e8gre les valeurs du Modernisme et celles de l\u2019Humanisme. L\u2019exaltation du travail est tr\u00e8s pr\u00e9sente dans l\u2019\u0153uvre de Kollar, alors que la d\u00e9fense de l\u2019homme asservi l\u2019est davantage dans l\u2019\u0153uvre d\u2019autres artistes. Kollar participe de l\u2019humanisme \u00e0 sa mani\u00e8re, en \u00e9vitant un exc\u00e8s de sensibilit\u00e9 qui sera parfois reproch\u00e9 \u00e0 certains dans les ann\u00e9es soixante. Il se concentre sur les objets, les machines. Il structure ses images en mettant en \u00e9vidence la g\u00e9om\u00e9trie des formes et en construisant avec la lumi\u00e8re. Toutefois,&nbsp;&nbsp;l\u2019humain prend sa place en s\u2019affirmant de mani\u00e8re subtile, sugg\u00e9r\u00e9 ou silhouett\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien \u00e9videmment, la dimension documentaire ne doit pas dissimuler les diversit\u00e9s de son art soutenues par une personnalit\u00e9 affirm\u00e9e au service du m\u00e9dium. Kollar se tient parfois un peu \u00e9loign\u00e9 des circuits \u00e9conomiques et des milieux artistiques. Il participe \u00e0 des expositions avec des confr\u00e8res comme Kert\u00e9sz, mais est peu pr\u00e9sent dans les galeries et au contact des galeristes. Sa pratique se confond avec sa profession dite artisanale -l\u2019activit\u00e9 r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e d\u2019un artiste \u00e9tait parfois d\u00e9sign\u00e9e comme artisanat.<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 l\u2019une des raisons pour laquelle l\u2019\u0153uvre de Fran\u00e7ois Kollar n\u2019a pas toujours \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e \u00e0 sa juste valeur jusqu\u2019\u00e0 la donation \u00e0 l\u2019\u00c9tat en 1987. On a appris depuis \u00e0 la regarder en mettant en perspective&nbsp;<em>\u00abLa France travaille&nbsp;\u00bb,<\/em>c\u00e9l\u00e8bre commande, avec l\u2019ensemble de ses travaux. Il faut par exemple int\u00e9grer certains aspects des recherches de l\u2019avant-garde, prendre en compte ses influences, celles de la publicit\u00e9 et son approche de l\u2019image tant en noir et blanc qu\u2019en couleur. Kollar a toujours&nbsp;fait l\u2019acquisition de mat\u00e9riel performant en coh\u00e9rence avec sa pratique. Pour preuve, il suit une formation sur les proc\u00e9d\u00e9s couleur au sortir de la seconde guerre mondiale, alors qu\u2019il avait d\u00fb mettre en sommeil sa pratique de la photographie durant le conflit. En artiste consciencieux, il met \u00e0 profit l\u2019apprentissage de ces nouveaux outils de cr\u00e9ation susceptibles de transformer son approche de la photographie. Discr\u00e8tement, dans un souci d\u2019\u00e9volution de son \u0153uvre, il int\u00e8gre la couleur tant dans des \u0153uvres de commande que dans une production tr\u00e8s personnelle en rapport avec sa vie priv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette posture \u00e9voque nettement des faits de l\u2019histoire de la photographie couleur et notamment des artistes plus jeunes qui suivent le m\u00eame parcours \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, tant en Am\u00e9rique qu\u2019en Europe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Gilles Boussard<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;L\u2019important n\u2019est pas de capturer seulement des situations mais aussi la COULEUR de ces situations&nbsp;\u00bb. Allan Porter, revue Camera, juillet 1977 En 1904, \u00e0 l\u2019aube du XXesi\u00e8cle, Fran\u00e7ois Kollar na\u00eet au c\u0153ur de l\u2019Empire austro-hongrois, dans la petite ville de Senec pr\u00e8s de Presbourg, devenue aujourd\u2019hui Bratislava. 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