{"id":342,"date":"2012-12-31T11:49:00","date_gmt":"2012-12-31T10:49:00","guid":{"rendered":"http:\/\/ardiphotographies.fr\/?p=342"},"modified":"2020-04-17T16:35:21","modified_gmt":"2020-04-17T14:35:21","slug":"acces-reserve","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ardiphotographies.fr\/?p=342","title":{"rendered":"C\u00e9line Clanet, Acc\u00e8s R\u00e9serv\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>\u00ab\u00a0&#8230;Le climat-lumi\u00e8re est constitu\u00e9 par l&rsquo;\u00e9clairement enrichi de la lumination et entre dans le complexe plastique de l&rsquo;image, dont le r\u00f4le est de donner \u00e0 voir, ou donner \u00e0 ressentir, c&rsquo;est-\u00e0-dire tout \u00e0 la fois cr\u00e9er du visible et sugg\u00e9rer l&rsquo;invisible.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right has-small-font-size\"><em>Fr\u00e9d\u00e9ric Ripoll, Dominique Roux, la Galerie du Ch\u00e2teau d&rsquo;Eau de Toulouse,<\/em><br> <em>\u00e0 propos d\u2019Henri Alekan (1909-2001) Chef op\u00e9rateur photographie<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Loin d&rsquo;un inventaire po\u00e9tique ou d&rsquo;une typologie syst\u00e9matique, C\u00e9line Clanet propose un vocabulaire photographique en rapport avec les lieux du pouvoir. Dans le contexte g\u00e9n\u00e9ral de son \u0153uvre, elle se confronte r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 l\u2019environnement des d\u00e9cideurs du commerce et de l&rsquo;industrie. Elle a su aborder avec diplomatie ces \u00eeles institutionnelles que sont nos Pr\u00e9fectures.<\/p>\n\n\n\n<p>Le parcours d\u2019artiste de la photographe est r\u00e9guli\u00e8rement irrigu\u00e9 de commandes. On sait combien le principe de la commande reste essentiel \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie et au d\u00e9veloppement artistique du m\u00e9dium photographique. Le pouvoir inventa la Mission h\u00e9liographique en 1851 pour documenter les richesses monumentales de la France. La commande faite \u00e0 C\u00e9line Clanet s&rsquo;inscrit dans cette culture photographique mise en place depuis le milieu du XIXe si\u00e8cle. En effet, l&rsquo;album et le portfolio assurent la diffusion des photographies depuis plus d&rsquo;un si\u00e8cle, augment\u00e9e aujourd&rsquo;hui des moyens num\u00e9riques.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00e9moire et point de vue artistique utilisent ces v\u00e9hicules du savoir pour irriguer la pens\u00e9e et plus particuli\u00e8rement l&rsquo;histoire des repr\u00e9sentations. Dans le cas pr\u00e9cis, il s&rsquo;agit d&rsquo;une immersion dans des espaces d\u00e9sign\u00e9s de l&rsquo;architecture des pr\u00e9fectures. Des lieux o\u00f9 architecture, design et portrait photographique participent \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration de la repr\u00e9sentation que le pouvoir souhaite transmettre. \u00ab\u00a0Acc\u00e8s R\u00e9serv\u00e9\u00a0\u00bb s&rsquo;introduit dans ce parcours. Les prises de vues captent formes, couleurs et valeurs dans une mise en ab\u00eeme du quotidien des symboles de la R\u00e9publique. Lieu et non-lieu sont l&rsquo;objet d&rsquo;attentions des artistes depuis les ann\u00e9es 1970 ; la sph\u00e8re priv\u00e9e dans son environnement est source d\u2019observations.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces images invitent \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation de la perception des lieux par des \u00ab\u00a0ouvertures\u00a0\u00bb inhabituelles, cr\u00e9ant ainsi une approche capable de mettre en doute notre appr\u00e9hension de l\u2019espace. Cette perspective euclidienne, subtilement boulevers\u00e9e, favorise l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de notre regard plus souvent enclin \u00e0 se satisfaire d\u2019une composition norm\u00e9e. Les diff\u00e9rents niveaux de lecture \u00e9voquent les faces cach\u00e9es de cette institution plus que centenaire. Une ambiance irr\u00e9elle, celle d&rsquo;un temps arr\u00eat\u00e9, comme suspendu, favorise l&rsquo;occasion d&rsquo;une distanciation qui caract\u00e9rise cette \u0153uvre. Notre vision plurielle nous incite \u00e0 identifier les diff\u00e9rentes strates du pr\u00e9texte de l\u2019image. Nous sommes en pr\u00e9sence d\u2019enregistrements qui d\u00e9nudent une partie de la r\u00e9alit\u00e9 avec un rendu plus complexe que celui que l&rsquo;\u0153il arrive \u00e0 capter d&rsquo;un point de vue optique. Les photographies rigoureusement construites de C\u00e9line Clanet invitent \u00e0 la contemplation de constructions propres \u00e0 satisfaire le mental: rep\u00e8res familiers, forces singuli\u00e8res, d\u00e9passement des limites.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que la photographe concentre la majorit\u00e9 du flux de son regard sur le model\u00e9 de l\u2019espace, l\u2019oeil recherche une r\u00e9alit\u00e9 de tous les jours avec tous les codes et les signes qui lui appartiennent. Le sentiment d&rsquo;une banalit\u00e9 lisse semble palpable. Le parti pris de l&rsquo;artiste souligne astucieusement l&rsquo;esth\u00e9tique d&rsquo;un espace de vie. La pr\u00e9sence humaine est souvent r\u00e9duite \u00e0 des symboles du quotidien d&rsquo;un grand d\u00e9nuement.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les magnifiques d\u00e9cors, l&rsquo;exploration du d\u00e9tail et la ma\u00eetrise des lumi\u00e8res ne parviennent pas \u00e0 combler un sentiment d&rsquo;absence ou tout du moins d&rsquo;\u00e9loignement. Une sorte d\u2019esth\u00e9tique aseptis\u00e9e o\u00f9 la place du sensible s&rsquo;efface. Une photographie qui oscille entre pr\u00e9sence et absence, objectif et subjectif.<\/p>\n\n\n\n<p>Le m\u00e9dium photographique assoit son importance dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;art par sa ma\u00eetrise de l&rsquo;inventaire maintes fois mise en \u00e9vidence par des artistes photographes soucieux de constituer des typologies, de documenter. Dans \u00ab\u00a0Acc\u00e8s R\u00e9serv\u00e9\u00a0\u00bb, les principes de l&rsquo;inventaire et de la documentation sont logiquement \u00e9cart\u00e9s avec coh\u00e9rence pour d\u2019autres propositions. Il s&rsquo;agit de capter la forme et le temps, constitutifs essentiels de la photographie. Les portraits r\u00e9sonnent avec les d\u00e9tails des boiseries, des tissus, du b\u00e2ti. Pour la forme, les d\u00e9cors int\u00e9rieurs permettent une interpr\u00e9tation graphique qui approche l&rsquo;abstraction et provoque un regard subjectif, une mise \u00e0 distance. En revanche, par la ma\u00eetrise du portrait, l&rsquo;artiste permet \u00e0 cette architecture de retrouver la place de l&rsquo;homme qui semble parfois avoir d\u00e9sert\u00e9 ces espaces de vie. La photographe se glisse dans les interstices des palais de la R\u00e9publique et s&rsquo;attache aux signes que laisse le quotidien. D\u00e8s l&rsquo;origine du projet, Celine Clanet avait conscience de l&rsquo;isolement des lieux et son dispositif technique avec pose et moyen format \u00e9tablissait avec coh\u00e9rence le lien n\u00e9cessaire \u00e0 la repr\u00e9sentation du b\u00e2ti et de l\u2019humain. Elle s&rsquo;attache aussi \u00e0 transmettre l&rsquo;essence des lieux par le portrait des hommes et des femmes confront\u00e9s \u00e0 la vie quotidienne du pouvoir. Les portraits r\u00e9sultent de la volont\u00e9 d&rsquo;imprimer une esth\u00e9tique de l&rsquo;immobile, l&rsquo;exp\u00e9rience du port du costume ou du v\u00eatement de travail, t\u00e9moin d&rsquo;un mode de vie.<\/p>\n\n\n\n<p>La photographe choisit une composition et apporte des informations lisibles sans exag\u00e9ration. La photographie cerne une mani\u00e8re d\u2019habiter.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right has-normal-font-size\"><em>Gilles Boussard<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0&#8230;Le climat-lumi\u00e8re est constitu\u00e9 par l&rsquo;\u00e9clairement enrichi de la lumination et entre dans le complexe plastique de l&rsquo;image, dont le r\u00f4le est de donner \u00e0 voir, ou donner \u00e0 ressentir, c&rsquo;est-\u00e0-dire tout \u00e0 la fois cr\u00e9er du visible et sugg\u00e9rer l&rsquo;invisible.\u00a0\u00bb Fr\u00e9d\u00e9ric Ripoll, Dominique Roux, la Galerie du Ch\u00e2teau d&rsquo;Eau de Toulouse, \u00e0 propos d\u2019Henri &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/ardiphotographies.fr\/?p=342\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;C\u00e9line Clanet, Acc\u00e8s R\u00e9serv\u00e9&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":345,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[25,12,10],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ardiphotographies.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/342"}],"collection":[{"href":"https:\/\/ardiphotographies.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ardiphotographies.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ardiphotographies.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ardiphotographies.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=342"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/ardiphotographies.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/342\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":372,"href":"https:\/\/ardiphotographies.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/342\/revisions\/372"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ardiphotographies.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/345"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ardiphotographies.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=342"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ardiphotographies.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=342"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ardiphotographies.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=342"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}